Qu'est-ce qu'un logiciel libre? publié le mercredi 8 avril 2015 17:30

brouillon

Et qui suis-je pour oser répondre à cette question pour une millième fois?

Ça peut paraître une question anodine après tout, inoffensive, on pourrait même dire limpide, puisqu'on y va chacun avec notre propre interprétation, nos bagages, nos préférences. Ah mais si au moins ça pouvait être aussi simple.

Qui est Robin Millette?

Robin Millette (votre humble serviteur), programme des ordinateurs et joue avec leurs entrailles depuis qu'il est tout petit. En savoir plus?

Et qu'est-ce donc qu'un logiciel libre?

Une faculté primordiale du logiciel libre est sa propension à se mouler aux objectifs et arguments que l'on veut mettre de l'avant. C'est aussi le plus grand obstacle qui se dresse devant celui qui voudra en extraire une définition simple et complète.

Un logiciel libre mais dépendant

L'autre chose qu'il est essentiel de savoir, c'est qu'un logiciel libre est très souvent construit sur un autre logiciel libre. Ça fait maintenant 30 ans que l'écosystème se construit. Aujourd'hui, des distributions de logiciels libres incluant le noyau Linux comptent des dizaines de milliers de (env. 20,000) logiciels libres.

Ces paquets tissent entre eux des liens de dépendances, de versions en versions. Autrement dit, les logiciels sont explicitement construits les uns sur les autres.

Par extension, on peut dire que les racines des logiciels libres sont très profondes, bien ancrées et parfois aussi vieillisantes, qu'il faut toujours entretenir et non pas seulement empiler par dessus, pour éviter les risques de faire basculer un terrain autrement fertile.

Donc, une communauté

De la même façon qu'on peut rarement parler d'un logiciel d'une manière parfaitement isolée, je veux dire qu'on parle le plus souvent de logiciels au pluriel, c'en est ainsi pour les communautés qui sont multiples.

Les communautés

Les communautés se partagent les extrémités sur plusieurs axes. Pour en nommer quelques uns:

C'est tout?

Hélas! Ces communautés et leurs axes vont vibrer en harmonie dans certains cas, pour certains intérêts, et dissoner à d'autres occasions, pour des situations parfois difficiles à prévoir. On pourrait croire qu'une plus grande quantité de développeurs va automatiquement accroître sa rapidité de développement mais ça fonctionne rarement ainsi.

Logiciels privateurs on dit souvent "propriétaires"

On introduit souvent un logiciel libre en parlant d'un équivalent privateur dont on évalue le remplacement, bien qu'il existe des logiciels qui appartiennent uniquement au domaine des logiciels libres (et l'inverse est aussi vrai).

Qui utilise des logiciels libres?

Il y a autant de raisons que d'utilisateurs de logiciels libres. Commençons par une simple analyse statistique.

Statistiques et population québécoise

Au moins 1 millions de Québécois utilisent plus d'un logiciel libre
Plusieurs personnes vont utiliser un logiciel libre sans jamais vraiment s'en rendre compte. Par exemple, admettant que 12% des Québécois utilisent le fureteur Firefox de la fondation Mozilla, ça signifie près d'un million de Québécois utilient au moins un logiciel libre. Si on compte les extensions, c'est facile de croire qu'un utilisateur sur 10 utilise au moins 5 logiciels libres. Maintenant, combien utilisent LibreOffice? Ou encore Apache HTTP ou Nginx pour héberger leurs sites web et servies internet?

De ce lot, on peut dire au pif que 10% ont une petite idée de ce qu'est un logiciel libre, et que 10% de ces derniers pourrait réclamer une certaine expertise transversales (pas seulement spécialisés sur un aspect trop étroit). Soyons généreux, 10,000 personnes savent un peu de quoi ils parlent quand il s'agit de logiciels libres.

Types de connaissances

Si on parle d'utilisateurs d'abord, le premier critère de connaissances doit être le domaine, la spécialité, que le logiciel cherche à augmenter, dont on veut optimiser certains aspects. Dans certains cas, ces connaissances peuvent être très approfondies ou détaillées, tel que des normes (qu'on pense aux bibliothèques ou à la médicine par exemple) ou des concepts (tel qu'en physique ou en comptabilité).

Dans d'autres cas, on voit que c'est l'informatique qui a modelé l'utilisateur à son image. Le logiciel impose une façon de faire inflexible ou encore trop complexe et qui peut sembler improvisée et arbitraire. Tous les logiciels ne sont pas égaux devant les utilisateurs, et vice-versa malheureusement.

Il y a aussi les connaissances solidifiées par l'inertie. Ces habitudes sont régulièrement citées pour résister à l'adoption de nouveaux logiciels, libres ou non. Ça peut aller jusqu'à rendre des appels d'offres caduques quand il n'existe qu'un unique distributeur. L'éducation peut nous sortir en partie de cette situation nuisible au libre marché.

Raisons pour préférer le libre

C'est hip!

non mais sérieusement, la suite s'en vient